Pour aller plus loin

Quelques pistes pour aller plus loin dans la réflexion sur les principes éducatifs qui animent ce projet

 

Au Sénevé, on respectera chaque élève en tant que personne. Une personne a une âme : c'est un être unique, appelé à conquérir sa liberté et à assumer ses responsabilités. Une personne est un être de relations : pour entrer en relation avec Dieu et ses semblables, elle a besoin de se connaître, de connaître ses racines, de prendre possession d'une culture, de connaître et d'aimer son Créateur.

 

La connaissance passe par les trois puissances de l'âme : l'intelligence, la mémoire, la volonté.

L'intelligence est nourrie par la vérité, la beauté, l'étude du réel. Pour comprendre et goûter la joie d'apprendre, il faut s'étonner, s'émerveiller, se passionner.

La mémoire est sollicitée par la loi d'intérêt : on retient ce qu'on comprend, ce qui a du sens, ce qu'on admire, ce qu'on aime.

La volonté est mue par le désir et par l'amour. Un élève est «motivé», soucieux de bien travailler et de progresser, s'il comprend qu'on l'aime et qu'on veut l'aider à devenir lui-même. Un élève qui se sait aimé de Dieu, de ses parents, de ses maîtres peut entrer avec confiance dans le projet éducatif qui vise à le faire grandir.

 

La transmission de la Foi chrétienne n'est pas une «valeur ajoutée» pour l'intégration ou la réussite sociale. Le professeur qui a expérimenté combien l’Évangile peut être source de joie, d'épanouissement et de liberté, ne peut pas vouloir priver de cette source les enfants confiés à son enseignement. Au Sénevé l'enseignement religieux sera donc proposé à tous les élèves, quelle que soit leur origine et celle de leur famille, car tout homme (plus ou moins clairement) aspire au bonheur que Dieu veut lui communiquer. Cependant cet enseignement n'aura rien d'idéologique ou de sectaire, il respectera la conscience et le parcours de l'enfant et de sa famille.

 

Le respect de ces principes impose des choix, et la volonté de se démarquer de certaines pratiques pédagogiques.

 

- Refus des «méthodes globales» qui partent du plus complexe et du général pour arriver au plus simple. Ces méthodes s’opposent à la transmission des savoirs par l'analyse et la réflexion. Elles considèrent le cerveau comme une machine à enregistrer des informations, au lieu de tenir compte du fait que l'enfant a une conscience qui doit donner un sens à ce qui est à retenir. Ce modèle a notamment fait la preuve de sa nocivité pour les enfants ayant des tendances à la dyslexie. A contrario, et dans toutes les disciplines, on veillera à aider l'élève à construire son savoir à partir de la maîtrise des bases : méthode syllabique en lecture, calcul mental en mathématiques, chronologie en histoire, analyse grammaticale et logique en français et en langues. On s'attachera aussi à aider l'élève à donner du sens à son travail en le guidant dans une analyse fine des textes.

 

- Refus du «constructivisme», théorie selon laquelle c’est l’enfant qui construit lui-même son savoir à partir de son expérience. Le constructivisme perd un temps précieux à faire découvrir à l'enfant des savoirs que nous avons reçus et que nous nous devons de transmettre. La méthode inductive, certes «motivante» et nécessaire dans certains domaines (les sciences expérimentales notamment) ne peut pas se substituer à l'étape de l'apprentissage. Einstein et Mozart n'étaient pas incultes ! N'ayons donc pas peur de transmettre !

 

- Refus du «comportementalisme», théorie qui suppose qu’éduquer c’est faire produire un comportement pré-défini. L'enfant étant une personne consciente et libre, c'est la respecter que de faire appel à son intelligence plutôt qu'à des conditionnements. Les efforts de comportement et de travail exigés seront donc autant que possible expliqués.

 

- Refus du «positivisme», qui présuppose que les sciences ont le monopole de la pensée rationnelle et de la vérité, et qu'il convient donc de privilégier la formation scientifique, quitte à négliger pour cela la formation humaine, philosophique et spirituelle. La post-modernité avec ses techniques de plus en plus performantes, et ses questions éthiques de plus en plus complexes, nous oblige à réaliser que nous avons besoin de jeunes formés à la réflexion et au jugement, autant que de scientifiques et de techniciens compétents. Il est temps de se pencher sur cet enjeu éducatif.

 

- Refus de l'emprise idéologique et politique sur le contenu de l'éducation. L'école est un temps privilégié en dehors du monde des adultes, où l'enfant doit découvrir sereinement la culture et le savoir qui lui permettront d'avoir du recul, des références et un jugement sûr, pour prendre ensuite sa place dans la société. Ce n'est donc pas le lieu où faire intervenir les débats de société. L'idéologie du genre, par exemple, qui sous couvert de «théorie», comporte des enjeux politiques, n'a pas à être enseignée.

 

- Refus du «relativisme».

Un certain conformisme social faisant de l'ouverture et de la tolérance les valeurs suprêmes, il devient difficile d'expliquer que toute éducation comporte des choix, et que ne pas choisir c'est se laisser imposer par la société des options qui risquent d'être préjudiciables à une véritable éducation. Au contraire l'équipe éducative du Sénevé aura à cœur de faire découvrir et de transmettre le vrai, le beau et le bien. Dans cette optique elle choisira consciemment des références qui soient pour l'élève des modèles.

En littérature et dans la découverte des arts, elle éduquera le jugement et la sensibilité des enfants en présentant des œuvres belles. Le choix de travailler sur des textes fondateurs, en littérature et langue, permettra d'apporter à l'élève un patrimoine de culture générale (mythologique, biblique, humaniste) qui puisse servir de fond commun pour le partage, la réflexion, le jugement du futur adulte. Il n'est pas vrai qu'on apprend aussi bien dans des coupures de journaux, des chansons à la mode ou des articles publicitaires. Une analyse conduite à partir des grands textes du patrimoine culturel donne, non seulement des informations, mais des modèles et du sens à l'éducation.

Date de dernière mise à jour : 16/05/2016

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