Pédagogie

Une pédagogie du « sens ».

Nous refusons les «méthodes globales» qui partent du complexe pour arriver au simple. Ces méthodes s’opposent à l'analyse et à la réflexion ; elles considèrent le cerveau comme une machine à enregistrer des informations, au lieu de tenir compte du fait que l'enfant a une conscience pour donner du sens à ce qui est à retenir. La méthode globale a notamment fait la preuve de sa nocivité pour les enfants dyslexiques. Au Sénevé, nous privilégions les méthodes analytiques : nous veillons à aider l'élève à maîtriser les fondamentaux et à construire son savoir à partir de ces bases (méthode syllabique en lecture, calcul mental en mathématiques, chronologie en histoire, orthographe, analyse grammaticale et logique en français). Nous nous attachons aussi à aider l'élève à comprendre ses lectures en le guidant dans une analyse fine des textes étudiés.

Nous refusons aussi tout «comportementalisme» : éduquer ne signifie pas conditionner un enfant pour lui faire produire un comportement pré-défini. L'enfant étant une personne consciente et libre, nous le respectons en faisant appel à son intelligence. Les efforts de comportement et de travail exigés sont donc, autant que possible, expliqués.

 

Une pédagogie de la transmission.

Nous refusons le « constructivisme » selon lequel l’enfant doit construire lui-même son savoir à partir de son expérience. La méthode inductive, certes «motivante» et nécessaire dans certains domaines, ne peut pas se substituer à l'étape de l'apprentissage. Einstein et Mozart n'étaient pas incultes ! Nous n'avons pas peur de transmettre.

Un certain conformisme social faisant de l'ouverture et de la tolérance les valeurs suprêmes, il devient aujourd'hui difficile d'expliquer que toute éducation comporte des choix, et que ne pas choisir, c'est se laisser imposer par la société des options préjudiciables à une véritable éducation. Au contraire les professeurs de notre établissement ont à cœur de faire découvrir le vrai, le beau et le bien : c'est dans cette optique qu'ils choisissent les références. Il n'est pas vrai qu'on apprend aussi bien l'orthographe ou les langues dans les coupures de journaux ou les articles publicitaires que dans les textes littéraires. Le choix de travailler sur des textes fondateurs permet de donner aux élèves une culture générale (mythologique, biblique, humaniste) qui servira de fond pour la réflexion et le jugement des futurs adultes.

Nous nous méfions aussi du «positivisme» qui présuppose que les sciences ont le monopole de la pensée rationnelle et de la vérité, et qu'il convient donc de privilégier la formation scientifique, quitte à négliger pour cela la formation humaine, littéraire, philosophique et spirituelle. La post-modernité avec ses techniques de plus en plus performantes, et ses questions éthiques de plus en plus complexes, nous oblige à réaliser que nous avons besoins de jeunes formés à la réflexion et au jugement, autant que de scientifiques et de techniciens compétents. Il est temps de se pencher sur cet enjeu éducatif.

 

Une pédagogie de la liberté.

Nous refusons toute emprise idéologique et politique sur le contenu de l'éducation. L'école est un temps privilégié en dehors du monde des adultes, où l'enfant doit découvrir sereinement la culture générale et les savoirs qui lui permettront d'avoir du recul et un jugement formé, pour prendre ensuite sa place dans la société. Ce n'est donc pas le lieu où faire intervenir les débats de société. L'idéologie du genre, par exemple, qui sous couvert de «théorie», comporte des enjeux politiques, n'a pas à être enseignée.

Nous veillons à choisir des manuels qui s'accordent avec les principes du projet pédagogique.

Nous nous référons aux programmes de l'éducation nationale pour le socle commun des connaissances et pour la préparation du Diplôme National du Brevet. Mais nous refusons les expérimentations chronophages qui se font au détriment des enseignements fondamentaux. Au Sénevé, le lien entre les disciplines est logique et naturel : les professeurs se parlent et ont à cœur de faire travailler leurs élèves sur des thèmes communs dès que cela est possible. Ils n'ont pas besoin pour cela de consacrer des heures spécifiques à des « projets » transdisciplinaires.